Cela s’est passé il y a déjà un petit moment (le 11 juin 2007, pour être précis) et cela m’a échappé (je devais alors être pris par des activités pipesques). Ce jour là, le Centre d’expériences aériennes militaires (CEAM) de Mont-de-Marsan a réalisé une première européenne :

Dans le cadre d’un tir d’évaluation, un missile air-air Mica, tiré à partir d’un Rafale F2, a réussi à abattre une cible située en arrière et poursuivant l’avion tireur. Après un virage à 180°, le Mica a abattu sa cible (un avion-cible C-22), situé dans « les 6 h » de l’avion tireur. Ce tir a mis en jeu deux Rafale (un Rafale tireur et un Rafale illuminateur) et un avion-cible C-22 positionné derrière le Rafale tireur. A ce stade, ce dernier n’a aucun contact radar avec le C-22. Le Rafale illuminateur, quant à lui, a pour rôle d’effectuer la désignation de la cible grâce à son radar RBE2 et puis de transmettre sa position au Rafale tireur par Liaison 16. Celui-ci utilise alors les coordonnées transmises pour caler la navigation inertielle du Mica EM (autodirecteur électromagnétique) et tire le missile. Le Mica entre dans la zone désignée par les coordonnées, ouvre son autodirecteur, engage la cible et la détruit à une distance supérieure à la portée des missiles de combat aérien de courte portée de type Magic 2, qui aurait pu menacer le Rafale tireur. Dans un combat réel, l’avion poursuivant aurait donc été abattu avant même de pouvoir tirer son propre armement.
Ce tir met en jeu une combinaison unique d’éléments spécifiques : détection et transmission des coordonnées de la cible par un avion et tir à 180° sans contact radar direct par l’avion menacé. Ces essais, réalisés par l’armée de l’air et la DGA, valident la pertinence tactique de l’ensemble du système d’armes, qui allie les performances du radar RBE2, l’agilité du Mica et les capacités d’échanges d’informations de la Liaison 16. D’un point de vue opérationnel, ce tir montre que le système d’armes Rafale engage une révolution dans le combat aérien. Le RBE2 et la L.16 permettent à un Rafale de tirer sur un avion le poursuivant sans que celui-ci ne soit « accroché » ou même « balayé » par son propre radar. L’agilité et l’accélération du Mica permettent un tir à 180°, transformant ainsi le chasseur en proie.
Le Mica, associé à la liaison de données tactique L. 16, ouvre des perspectives d’emploi très prometteuses. Le balayage et la désignation de la cible pourraient être effectués par un avion AWACS ou un système de détection sol. Dans ces configurations, la zone balayée par le radar serait alors nettement plus étendue et l’avion tireur pourrait lancer son missile avec une discrétion électromagnétique totale en configuration Mica IR.