Quand Matlab m’apprend la vie…

19 04 2008

Une idée débile m’a traversé la tête : mercredi, alors que je continuais mon T.P. projet de fin d’études, j’appréciais le résultat de ma théorie en regardant le fichier Excel que j’avais réalisé : 3 chiffres qui se battaient en duels, rien de compliqué, des solutions cohérentes,… Et puis, soudain, l’erreur : “Et si, je faisais cela sous Matlab”. Pour les chanceux qui ne savent ce que c’est, Matlab est un logiciel de maths à programmer. Un peu comme cela :

Au début, cela se passe bien. N’étant pas très sûr de mon codage, à chaque fois que je tapais une ligne de code, je m’assurais que Matlab avait bien compris : Matlab, si je te dis 1=1, combien cela fait ? 2… Bravo!!! Et puis, avec l’assurance de celui qui pense parler Matlab couramment, j’enchaînais les lignes de code. Arrive alors le moment fatidique où je t’apprêtais à lancer le programme :

- Matlab, exécute le programme.

- ??? Error: File: Nozzle_model.m Line: 87 Column: 40 Incomplete or misformed expression or statement.
En langage humain, cela donnerait “Non, j’veux pas le faire!”

- Matlab, s’il te plaît, exécute le programme.

- ??? Attempted to access pas_div(21); index out of bounds because numel(pas_div)=20. Error in ==> Nozzle_model at 96. “Non, j’veux pas le faire!”…

…Et la discussion négociation a duré comme cela une bonne journée. Le deuxième jour, il traçait enfin des courbes. Seulement, c’était n’importe quoi :

- Mais, qu’est ce que tu me fais là ? Tu ne vois pas que c’est impossible dans la réalité ce que tu me dessines ? Je te demande de tracer de belles courbes et tu me montres des aberrations …

J’entends d’ici les mauvaises langues qui me disent que Matlab ne fait que ce qu’on lui a dit de faire, ni plus, ni moins. C’est pourquoi je lui ai réexpliqué, gentiment, ce que je voulais, d’une autre manière. Mais, il s’obstinait à me faire des graphiques irréalistes. Têtu, moi aussi, comme une mule, je lui ai encore expliqué les choses d’une autre manière pour un résultat … toujours inexploitable.

Et puis, cet après-midi, j’ai essayé de comprendre ce qu’il me disait depuis trois jours. Je me suis rendu compte que ce qu’il m’affichait, correspondait, en fait, à la réalité… Et là, à cet instant, je vous jure que c’est vrai, il m’a parlé et m’a dit sur un ton malicieux, tel un vieux sage qui apprend la vie à un jeune padawan : “la réalité est parfois beaucoup plus compliquée que l’on ne le pense”…





Un “crash évité” évitable ?

13 03 2008

Vous avez tous vu ou revu cette vidéo d’un Airbus A320 de la Lufthansa, tentant d’atterrir, en pleine tempête, sur la piste d’Hambourg le 03 mars 2008. Si ce n’est pas le cas, la voici :

Sans vouloir présumer des conclusions de l’enquête qui est en cours, on peut s’interroger sur le fait qu’un tel accident était peut-être évitable. En effet, si les conditions ne sont bonnes pour se poser, le pilote peut légitimement se dérouter, c’est à dire, aller se poser sur un autre terrain où les conditions sont meilleures.

Cet événement est un bel exemple de facteur humain dont les causes peuvent être les suivantes :
- la tour de contrôle a peut-être sous-estimé le vent de travers en autorisant l’atterrissage,
- le pilote, qui est le maître à bord, s’est peut-être dit “ça va passer…”, “je l’ai déjà fait”,…
- le pilote s’est (peut-être) senti obligé d’atterrir : en effet, il n’est pas kamikaze, mais il subit des pressions de la part de sa compagnie (l’avion doit arriver à l’heure pour être disponible pour un autre vol, il faut faire des économies en consommant le moins possible de carburant et donc éviter d’aller se poser sur un autre aéroport,…). Et puis, il subit des pressions de la part de ses passagers qui veulent arriver à l’heure et au bon endroit (ils payent pour un service).
- …

Mais bon, il a tenté de se poser et en regardant la vidéo de plus près, on peut constater que le pilote a très bien réagi en rattrapant une maladresse.
Explications : avec du vent de travers, le pilote doit descendre avec le “nez dans le vent” de manière à avoir un vecteur vitesse aligné avec la piste. Lorsqu’il est proche du sol, il doit alors “décraber”, c’est à dire aligner ses roues avec la piste. Seulement, il faut se poser immédiatement car en faisant cela, l’aéronef est particulièrement sensible aux effets du vent : l’avion se fait emporter vers la gauche et risque d’atterrir en dehors de la piste et d’autre part, l’aile droite, par effet dièdre, est attaquée par “en dessous”, ce qui induit une rotation de l’avion autour de l’axe du fuselage. C’est ce que l’on peut voir parfaitement sur la vidéo.

Heureusement et c’est là l’excellente réaction du pilote, il a annulé son atterrissage et remis les gaz pour se poser plus efficacement 15 minutes plus tard.