Vous avez tous vu ou revu cette vidéo d’un Airbus A320 de la Lufthansa, tentant d’atterrir, en pleine tempête, sur la piste d’Hambourg le 03 mars 2008. Si ce n’est pas le cas, la voici :
Sans vouloir présumer des conclusions de l’enquête qui est en cours, on peut s’interroger sur le fait qu’un tel accident était peut-être évitable. En effet, si les conditions ne sont bonnes pour se poser, le pilote peut légitimement se dérouter, c’est à dire, aller se poser sur un autre terrain où les conditions sont meilleures.
Cet événement est un bel exemple de facteur humain dont les causes peuvent être les suivantes :
- la tour de contrôle a peut-être sous-estimé le vent de travers en autorisant l’atterrissage,
- le pilote, qui est le maître à bord, s’est peut-être dit “ça va passer…”, “je l’ai déjà fait”,…
- le pilote s’est (peut-être) senti obligé d’atterrir : en effet, il n’est pas kamikaze, mais il subit des pressions de la part de sa compagnie (l’avion doit arriver à l’heure pour être disponible pour un autre vol, il faut faire des économies en consommant le moins possible de carburant et donc éviter d’aller se poser sur un autre aéroport,…). Et puis, il subit des pressions de la part de ses passagers qui veulent arriver à l’heure et au bon endroit (ils payent pour un service).
- …
Mais bon, il a tenté de se poser et en regardant la vidéo de plus près, on peut constater que le pilote a très bien réagi en rattrapant une maladresse.
Explications : avec du vent de travers, le pilote doit descendre avec le “nez dans le vent” de manière à avoir un vecteur vitesse aligné avec la piste. Lorsqu’il est proche du sol, il doit alors “décraber”, c’est à dire aligner ses roues avec la piste. Seulement, il faut se poser immédiatement car en faisant cela, l’aéronef est particulièrement sensible aux effets du vent : l’avion se fait emporter vers la gauche et risque d’atterrir en dehors de la piste et d’autre part, l’aile droite, par effet dièdre, est attaquée par “en dessous”, ce qui induit une rotation de l’avion autour de l’axe du fuselage. C’est ce que l’on peut voir parfaitement sur la vidéo.
Heureusement et c’est là l’excellente réaction du pilote, il a annulé son atterrissage et remis les gaz pour se poser plus efficacement 15 minutes plus tard.